Le jour se lève à peine sur Pianottoli-Caldarello. Les coques du catamaran fendent une eau encore grise, le maquis sent la résine chauffée par la nuit, et devant l’étrave s’ouvrent quatre-vingt-dix milles de côte sauvage. Une semaine d’itinéraire en catamaran en Corse du Sud commence ici, entre les plages de sable de la côte est, les falaises de Bonifacio et le granit rose des Lavezzi. Voici comment l’enchaîner, jour après jour, sans jamais courir.
En bref
- Durée : 7 jours, 6 nuits
- Départ et retour : Pianottoli-Caldarello, le port le plus au sud de la Corse
- Distance : 90 à 110 milles nautiques
- Rythme : 2 à 4 h de navigation par jour
- Niveau : accessible, y compris sans skipper avec un peu d’expérience
- Saison : de mai à début octobre, idéalement juin ou septembre
Jour 1 — Prendre ses marques à Cala di Furnellu
On ne part jamais loin le premier soir. À un mille du port, Cala di Furnellu offre un fond de sable clair et un bon abri par vent d’ouest. C’est le moment de ranger l’avitaillement, d’essayer le guindeau, de gonfler l’annexe — et de regarder le soleil tomber derrière les îlots pendant que l’équipage prend ses repères. Le voyage n’a pas encore vraiment commencé, et pourtant on y est déjà.
Jour 2 — Cap au sud vers le golfe de Sant’Amanza
Route au sud-est, le long d’une côte de granit découpée. Le golfe de Sant’Amanza, vaste et protégé, se pose comme une évidence pour la deuxième nuit : mouillage sur sable devant la plage de Maora, l’eau assez chaude pour un premier vrai bain, et déjà, au loin, la silhouette blanche des falaises qui annoncent Bonifacio. Comptez trois à quatre heures de navigation. Ce golfe deviendra votre abri de secours si le mistral se lève plus tard dans la semaine.
Jour 3 — Entrer dans Bonifacio par la mer
On croit connaître Bonifacio. Puis on remonte le goulet à la voile, entre deux murailles de calcaire blanc, la citadelle suspendue au-dessus de la tête, et l’on comprend pourquoi c’est l’une des arrivées les plus saisissantes de Méditerranée. La marina est chère et souvent complète en été : réservez plusieurs jours à l’avance, ou mouillez à l’extérieur dans l’anse de Fazzio. À terre, la vieille ville et l’escalier du Roi d’Aragon se méritent à pied, en fin d’après-midi quand la lumière dore la pierre.
Jour 4 — Les Lavezzi, le cœur du voyage
Une dizaine de milles suffisent pour rejoindre l’archipel des Lavezzi, et c’est là, souvent, que le séjour bascule. Un chaos de blocs de granit posés sur une eau si transparente qu’on voit son ancre se poser dans le sable. L’archipel est une réserve : le mouillage est réglementé, des corps-morts équipent certaines criques comme Cala di u Grecu. Renseignez-vous sur les zones autorisées avant d’arriver, elles évoluent chaque année. Le soir, les navettes d’excursion repartent, le silence revient, et il ne reste que le clapot contre les coques. La réglementation complète est détaillée dans notre guide des îles Lavezzi.
Jour 5 — Cavallo, Piantarella et la Sardaigne en ligne de mire
Petit saut vers l’île de Cavallo et son mouillage sud, puis retour vers la côte corse et le lagon de Piantarella, paradis des kitesurfeurs, avec la Sardaigne qui barre l’horizon à quelques milles. Fond de sable clair, faible profondeur, tenue d’ancre parfaite : c’est une base idéale pour attendre une fenêtre météo si l’on veut prolonger vers l’archipel de La Maddalena — mais ce sera pour une autre fois, ou pour une croisière plus longue.
Jour 6 — La Rondinara, puis Santa Giulia
On remonte plein nord vers l’anse de la Rondinara, baie presque parfaitement ronde à l’eau laiteuse, très courue à midi et beaucoup plus douce en soirée. Selon le temps qui reste, on pousse jusqu’au golfe de Santa Giulia, tout aussi photogénique, pour la dernière nuit au mouillage. Ces deux baies ouvrent la porte de la côte est de la Corse du Sud, à explorer sur un prochain séjour.
Jour 7 — Retour à Pianottoli
Descente tranquille vers la base, une dernière baignade à Cala di Furnellu si l’heure de restitution le permet, et le bateau rendu en fin de matinée. Il restera le sel sur la peau et l’envie, déjà, de revenir.
Ce qu’il faut savoir avant de partir
- Le mistral (nord-ouest) peut lever une mer courte et cassante dans les Bouches de Bonifacio. On consulte la météo chaque matin et on garde toujours Sant’Amanza comme repli. Tout est expliqué dans naviguer dans les Bouches de Bonifacio.
- Le sens de la boucle se décide selon le vent dominant : par ouest établi, faites la côte est d’abord pour finir vent portant.
- Bonifacio se réserve plusieurs jours à l’avance en juillet-août.
- Réserves naturelles : Lavezzi et Bouches de Bonifacio sont classées. On ne mouille pas sur la posidonie, on respecte les zones et la vitesse.
Partir sur cet itinéraire avec Isula-sail
Vous avez maintenant le déroulé, les abris et les points de vigilance. Il ne reste qu’à choisir le bateau et les dates. Cet itinéraire se navigue avec ou sans skipper selon votre expérience ; les catamarans disponibles et leurs équipements sont sur la page flotte d’Isula-sail, et vos dates se réservent via une simple demande de devis. D’autres parcours, plus courts ou vers la Sardaigne, sont réunis sur la page itinéraires.
Questions fréquentes
Faut-il un skipper pour cet itinéraire ?
Non, les étapes sont courtes et les mouillages bien connus. Une expérience de la voile et la lecture de la météo suffisent pour une location sans skipper. En cas de doute, un skipper peut être embarqué pour les premiers jours.
Quelle est la meilleure période ?
De mai à début octobre. Juin et septembre offrent le meilleur compromis : mer chaude, météo installée, mouillages moins fréquentés et tarifs plus doux qu’en plein été.
Peut-on pousser jusqu’en Sardaigne ?
Oui. Depuis les Lavezzi, l’archipel de La Maddalena est à moins de 15 milles. Il faut alors compter au moins dix jours et prévoir le permis de navigation du parc national de La Maddalena.
