Trois cents milles autour d’une montagne dans la mer. Le tour de Corse en catamaran n’est pas une croisière de plus : c’est deux semaines à changer de décor tous les jours, d’une côte ouest verticale et ventée à une côte est douce et sableuse, avec le Cap Corse en point d’orgue. Voici comment organiser la boucle au départ de Pianottoli-Caldarello, dans le sens antihoraire — par l’ouest — le plus courant et le plus logique.
En bref
- Durée : 12 à 15 jours
- Distance : 280 à 320 milles nautiques
- Sens conseillé : antihoraire (ouest puis nord), pour aborder la côte exposée en début de séjour
- Niveau : intermédiaire à confirmé — la côte ouest offre peu d’abris
- Bateau : un catamaran de 12 m et plus, avec une vraie autonomie en eau et en énergie
Étape 1 — Le grand ouest, de Valinco à Girolata (jours 1 à 5)
On quitte Pianottoli, on double les Bouches de Bonifacio et l’on remonte vers le golfe de Valinco et sa tour génoise de Campomoro. Puis Ajaccio et les Sanguinaires, dernier port d’avitaillement sérieux avant le nord-ouest. Vient alors le plus beau et le plus engagé : les calanques de Piana classées à l’UNESCO, le golfe de Porto, la réserve de Scandola qu’on longe sans débarquer, et Girolata, hameau sans route où l’on mouille sur bouées devant les maisons de pierre. Ici, on navigue tôt, on mouille avant midi, et on surveille la libeccio qui peut se lever en une heure.
Étape 2 — Le Cap Corse, seuil du nord (jours 6 à 9)
Calvi et sa citadelle au pied de la montagne, Saint-Florent et le désert des Agriates — les plages du Loto et de Saleccia, qui ne se rejoignent que par la mer ou une piste cabossée. Puis on contourne le Cap Corse par sa pointe nord et l’îlot de la Giraglia. Le cap accélère le vent et lève une mer courte : il lui faut sa propre fenêtre météo. Abris possibles à Centuri, Macinaggio, ou dans les criques de la face est du cap.
Étape 3 — La descente douce de la côte est (jours 10 à 13)
Le vent passe souvent dans le dos. Bastia et son vieux port, l’étang de Diane et ses huîtres, la marina de Taverna, puis les grands golfes du sud — Porto-Vecchio, la baie de San Ciprianu, Pinarellu. Moins de mouillages spectaculaires que sur l’ouest, mais des plages de sable, des fonds clairs et des étapes courtes pour souffler après le Cap Corse. Le détail dans notre guide de la côte est de la Corse du Sud.
Étape 4 — Bonifacio et le retour (jours 14-15)
Dernières escales à la Rondinara, à Bonifacio et aux Lavezzi avant de rentrer à Pianottoli-Caldarello, l’île entière dans le sillage.
Réussir un tour de Corse
- Garder de la souplesse : 2 à 3 jours de marge météo. La côte ouest peut bloquer une flotte plusieurs jours.
- Autonomie : peu de ports entre Ajaccio et Calvi ; dessalinisateur et panneaux solaires changent tout. Voir les équipements qui comptent.
- Réserves naturelles : Scandola se visite sans mouiller ni débarquer ; on respecte le balisage.
- Assistance : en cas d’avarie, mieux vaut connaître un point de réparation et dépannage avant de partir.
Quel bateau pour deux semaines de tour de Corse
Une côte exposée et un long parcours demandent un catamaran marin et confortable, avec une bonne autonomie : regardez les plus grandes unités de la flotte d’Isula-sail. Sur un projet de cette ampleur, un devis personnalisé permet d’ajuster la durée, le sens et l’option skipper. Pour une première expérience, commencez plutôt par l’itinéraire d’une semaine en Corse du Sud ou la boucle vers la Sardaigne.
Questions fréquentes
Peut-on faire le tour de Corse en une semaine ?
Pas dans de bonnes conditions. En une semaine, on couvre confortablement la moitié sud. Le tour complet demande au moins douze jours de navigation.
Dans quel sens tourner ?
Le sens antihoraire, l’ouest d’abord : on aborde la côte la plus exposée en début de séjour et l’on finit vent portant sur la côte est.
Faut-il un skipper ?
C’est un parcours pour chef de bord expérimenté. En cas de doute, un skipper professionnel sécurise la côte ouest et le Cap Corse : voir notre guide avec ou sans skipper.
