Aux îles Lavezzi, la Sardaigne n’est plus une idée sur la carte : c’est une ligne de collines roses, à moins de quinze milles au sud, qui grandit à vue d’œil. Franchir cette frontière en mer, c’est passer d’un chaos de granit à un autre, d’un pays à l’autre, en une matinée. Voici un itinéraire d’une semaine en catamaran de la Corse à la Sardaigne, au départ de Pianottoli-Caldarello, avec les formalités du parc national de La Maddalena à ne pas oublier.
En bref
- Durée : 7 jours, 6 nuits (8 jours si la météo est instable)
- Distance : 110 à 130 milles nautiques
- Frontière : France → Italie, pièces d’identité à bord
- Formalité clé : permis de navigation du parc national de La Maddalena, payant, à acheter en ligne avant d’entrer dans le parc
Jour 1 — Se poster au plus près des Bouches
Prise en main en fin d’après-midi, puis courte navigation jusqu’au golfe de Sant’Amanza. On mouille sur sable, on dîne dans le cockpit face aux premières falaises, et on écoute la météo du lendemain : la traversée des Bouches de Bonifacio se prépare la veille au soir.
Jour 2 — Traverser au petit matin, escale aux Lavezzi
On lève l’ancre tôt, quand le vent dort encore. Les Bouches se traversent dans une lumière rasante, cap sur les îles Lavezzi. Dernière étape française : on fait de l’eau, on vérifie le bateau, on savoure une dernière baignade dans ce granit rose avant de changer de pays. Le mouillage y est réglementé, des corps-morts équipent certaines criques.
Jour 3 — Passer en Sardaigne : Santa Maria et Budelli
Cap au sud vers l’archipel de La Maddalena. Premières escales sur Santa Maria, Razzoli et Budelli, célèbre pour sa Spiaggia Rosa — plage interdite d’accès, que l’on admire depuis le mouillage. Le permis du parc doit être actif dès l’entrée dans la zone : achetez-le la veille, il se contrôle en mer et les amendes sont fréquentes en été.
Jour 4 — Le cœur du parc : Spargi et Caprera
Journée pleine. Les eaux turquoise de Cala Corsara sur Spargi le matin, puis Cala Coticcio sur Caprera, qu’on surnomme la « Tahiti sarde » — accès et nombre de bateaux limités, mieux vaut arriver tôt. Nuit à l’abri dans le passage entre Maddalena et Caprera, à quelques encablures des lumières de la ville.
Jour 5 — La Maddalena, puis le retour vers le nord
Matinée à quai à La Maddalena pour l’avitaillement et un café en ville, puis on remet le cap au nord. Nouvelle traversée des Bouches — toujours au bon moment de la journée — et mouillage à Piantarella ou à Cavallo, de nouveau côté français.
Jour 6 — Bonifacio et la Rondinara
Escale à Bonifacio — marina réservée à l’avance, ou mouillage à l’extérieur sous les falaises — puis dernière nuit dans l’anse de la Rondinara, cette baie ronde à l’eau laiteuse où l’on reste souvent bien après le coucher du soleil.
Jour 7 — Retour à Pianottoli
Courte navigation de retour, restitution en fin de matinée, et deux pays dans le sillage.
Les formalités à ne pas oublier
- Permis du parc de La Maddalena : obligatoire, à la journée, tarif selon la taille du bateau, achat en ligne. Le détail dans notre guide naviguer dans l’archipel de La Maddalena.
- Papiers du bateau : acte de francisation, assurance, liste d’équipage à bord pour le passage en Italie.
- Autorisation de sortie des eaux : délivrée par le loueur pour un bateau de location, à demander à la réservation.
- Météo : jamais les Bouches de Bonifacio avec un mistral établi. Gardez une journée tampon dans le planning.
Partir vers la Sardaigne avec Isula-sail
Ce parcours demande un bateau autonome : dessalinisateur, bonne réserve d’énergie, annexe fiable — les critères à regarder sur la page flotte d’Isula-sail. Pour un premier passage de frontière, un skipper les deux premiers jours est un choix confortable : précisez-le dans votre demande de devis, avec la demande d’autorisation de sortie des eaux. Si vous préférez rester en France, l’itinéraire d’une semaine en Corse du Sud ne franchit pas la frontière.
Questions fréquentes
Le permis du parc de La Maddalena est-il vraiment contrôlé ?
Oui, les gardes patrouillent en été et verbalisent les bateaux sans permis valide. Il s’achète en quelques minutes en ligne et se présente sur smartphone.
Peut-on faire cet itinéraire sans skipper ?
Avec une bonne expérience de la voile et de la navigation côtière, oui, notamment pour la traversée des Bouches. Sinon, embarquez un skipper au moins pour l’aller.
Combien de temps prévoir au minimum ?
Sept jours suffisent si la météo est stable, huit donnent une vraie marge pour attendre une fenêtre favorable dans les Bouches.
